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Classification des principales associations de la vallée du Dra Moyen
II- Atouts et faiblesses du mouvement associatifCe bref repérage historique montre que le mouvement associatif de la vallée du Dra est, certes, extrêmement jeune mais eu égard à la dynamique des associations en place et à la diversité de leur champs d’intervention, on peut d’ores et déjà dégager quelques atouts et faiblesses de ce mouvement. Les atouts du mouvement associatifLe mouvement associatif dans la vallée du Dra puise ses premières forces de son ancrage dans un substrat fortement marqué par la tradition associative. Certes, la plupart des structures associatives traditionnelles sont dépouillées, depuis longtemps,de leurs fonctions initiales de véritable pouvoir local gérant l’espace et la vie commune ; l’héritage s‘estompant chaque jour un peu plus en raison de l’effritement des structures traditionnelles. Mais dans certains domaines dont le plus illustre est sans conteste celui de l’irrigation ,il faut reconnaître que la tradition participative demeure vivace à travers la gestion communautaire d’une ressource naturelle vitale , l’eau . De même,dans les AUEA , représentant la version formalisée des organisations coutumières de l’irrigation (loi n° 2-84 ) , les membres définissent des règles de fonctionnement ,distribuent des tâches et des rôles , gèrent les situations difficiles et les conflits éventuels en se référant essentiellement au savoir faire et aux acquis communautaires. Ensuite, comme partout ailleurs, la force de ce mouvement associatif réside dans rapidité, sa proximité des citoyens, sa capacité de mobilisation de la population, sa représentativité de plus en plus large et dans la souplesse de ses procédures. De même, compte tenu de la simplicité de ses structures, le travail associatif permet de réaliser des actions à des coûts très réduits et dans des délais très brefs et de mobiliser des ressources latentes. Les expériences développées par les différentes associations de la vallée du Dra Moyen ont permis de mobiliser des ressources latentes ou traditionnellement non exploitées. Les Associations des Usagers de l’Eau Agricole (AUEA) ont imposé la participation financière du Ministère du Habous et de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), l’Association de Développement de la vallée du DRA (ADEDRA) à travers des contrats de partenariat a pu accéder à des fonds des Administrations Centrales, et l’association de Nesrat a mobilisé les participations des ressortissants du village installés à Casablanca. De même le mouvement associatif a permis d’identifier au sein de la population locale des ressources humaines compétentes et engagées en matière de développement local et de mobilisation des potentialités. Sous la pression du besoin ou du réflexe de saisir toutes les opportunités d’appui ( financier, technique , de formation…) , la plupart des associations se sont engagées dans des activités aussi diversifiée que la réalisation d’infrastructures , l’alphabétisation , la protection des ressources naturelles …Cette dispersion implique certes le déploiement d’énormes efforts , mais en contre partie elle offre aux associations concernées l’opportunité de s’initier à la réalité complexe des besoins indivisibles de la population et aux prémices d’une approche intégrale des problèmes du développement . Ces atouts sont amenés à se développer davantage du fait de la croissance des besoins de la population , de la diminution du rôle social de l’Etat et de l’ émergence des associations comme nouvel acteur social en dehors de l’arène politique directe . Les faiblesses du mouvement associatif :Les faiblesses du mouvement associatif sont liées essentiellement à sa jeunesse, au manque de moyens humains et matériels, à l’absence d’un esprit de fédération des efforts, à sa dépendance financière, à la personnification de son image, à la saisonnalité de ses actions et à l’absence d’une stratégie de communication et de formation. - Le mouvement associatif est caractérisé par sa jeunesse et par conséquent son manque d’expériences. Sur les 258 associations recensées plus de 53% ont moins de deux ans et demi, et une grande partie de ces associations n’ont pas développé d’ actions concrètes ou à la rigueur ont réalisé un nombre très limité d’opérations. Age des associations
- La quasi totalité des associations ne dispose ni de local fixe ni des équipements bureautiques nécessaires. En matière des ressources humaines, la plupart des associations locales reposent essentiellement sur le bénévolat, en fonction du calendrier du travail des membres et de leur disponibilité mais surtout en fonction de leur degré d’engagement et de mobilité . Le nombre d’associations disposant d’équipes permanentes est très réduit. - Le nombre actuel des associations dépasse 258 soit une moyenne d’une association pour mille ou pratiquement une association par village . Cette prolifération, parfois non fondée et qui dépasse de loin les efforts de fédération développés de temps à autre, se présente à l’heure actuelle dans plusieurs cas sous forme d’une hémorragie et d’un effritement des moyens et des efforts. Pire encore, cette prolifération devient dans plusieurs cas un facteur de conflits et de dégradation des relations sociales notamment à l’intérieur des qsour. Les associations travaillent de ce fait de manière dispersée et isolée au moment même où un grand nombre d’entre elles oeuvrent dans des domaines identiques et surtout qu’elles disposent chacune à part de potentiels humains et matériels complémentaire et surtout en mesure de renforcer les capacités des uns et des autres si des mécanismes de coordination et conjugaison des efforts étaient instaurés . De même ,le travail en réseau au niveau local est encore embryonnaire, les tentatives entreprises par des associations à l’échelle de Zagora et d’Agdz demeurent faibles. Au niveau des AUEA, des fédérations sont constituées mais sous l’impulsion de l’administration . Aussi n’est-il pas étonnant que les fédérations mises en place se confrontent toujours aux problèmes de fonctionnement. Enfin , l’affiliation à des réseaux régionaux et nationaux demeure peu développée également, seule l’ADEDRA est membre au sein de quatre réseaux nationaux thématiques et une dizaine d’associations siègent à des réseaux régionaux. Principales fédérations
- Une grande partie des associations tout en disposant de volonté solide souffre du manque de formation. Rares , en effet, sont les personnes oeuvrant dans le domaine associatif ayant suivi des formations dans les domaines de gestion administrative et comptable, de l’approche participative, de la communication etc.... Les quelques personnes ayant déclaré avoir effectué des formations sont essentiellement concentrées au sein d’une dizaine d’ associations. Toutefois, les formations étaient de courtes durées et n’étaient, dans la plupart des cas, ni exploitées ni diffusées. A ce manque de formation s’ajoute la non consolidation des acquis par les populations locales. Il est très rare de procéder à des évaluations des actions entreprises. De même les démarches ayant été couronnées de succès ne sont ni vulgarisées ni diffusées en dehors du village. Aussi, les échanges de visites sont très limités excepté celles organisées par l’ADEDRA. - La dépendance financière des associations affaiblie énormément leur autonomie et porte atteinte à la cohérence de leurs actions notamment en cas de diversité des sources financières. On peut facilement remarquer des discordances entre les réalisations et les objectifs initiaux d’un nombre non négligeable d’associations : ainsi des associations dites de protection de l’environnement exécutent des projets de destruction des ressources naturelles. Les petites associations locales constituent ainsi une proie facile à instrumentaliser par les agences internationales, les associations intermédiaires et par les administrations locales et nationales. Paradoxalement, on constate également que les associations les plus dynamiques sont aussi les plus dépendantes vis à vis de l’extérieur notamment au niveau financier. - La personnification de l’image de l’association demeure également l’un des points faibles des associations locales : l’association est souvent assimilée à l’image sociale et politique de son président ou dans d’autres cas d’un noyau restreint d’adhérents. Cette personnification peut servir l’association dans la réalisation d’un nombre d’actions mais elle peut également constituer une entrave majeure à la durabilité de l’organisation et semer les germes de développement de comportements anti participatif et anti démocratique tels que la bureaucratie, le cumul des mandats, l’ambiguïté... - La plupart des associations entreprennent des actions à caractère saisonnier suite ,d’une part, au manque de moyens humain et matériel et ,d’autres part, en raison de l’absence d’une vision stratégique traduite en programme d’actions annuel. Cette ponctualité des actions des associations dans le temps entrave la durabilité des actions et le maintien du niveau d’engagement des adhérents. - La communication des associations avec leur environnement local est très limitée. Les associations ayant développé une stratégie solide d’information et de communication (Journée d’information, journée porte ouverte, articles, reportages, rapport d’activités, exposions..) sont très peu nombreuses . Ces associations locales sont également coupées de leur entourage ou ne possèdent pas de sources d’informations pérennes. Elles suivent difficilement les changements affectant leur environnement externe. Ainsi, rares sont les associations qui sont au courant des exigences et des procédures des Administrations Centrales et des bailleurs de fonds .Enfin plus rares encore sont les associations qui informent leur environnement externe de la valeur des travaux , parfois colossaux , qu’elles ont accomplis. III- Diversité et limites des approches adoptées :Les approches adoptées par les associations locales sont de trois types : une approche descendante, une approche ascendante et une autre horizontale. - L’approche ascendante est quasiment inexistante. Cette démarche est développée en partie par l’ADEDRA. Les besoins sont formulés par la population avec l’aide des animateurs de l’ADEDRA, puis transmis au bureau exécutif de cette dernière pour élaboration définitive et lancement des démarches pour rechercher des financements complémentaires et des partenaires institutionnels. La quasi-totalité des associations locales ne dispose pas de personnel qualifié en mesure d’accomplir ces taches et les associations régionales et internationales ne peuvent pas couvrir l’ensemble de la région. - L’approche descendante est caractérisée par la prédominance du bureau de l’association qui se substitue à la population .Il décide. Il Programme et parfois même il exécute. Elle est pratiquée par la quasi-totalitéé des associations locales . Le bureau exécutif et les commissions définissent les actions à entreprendre. La consultation des adhérents et /ou groupes cibles est pratiquement négligée. La participation de la population/adhérents se limite à la présence aux assemblées générales et à l’exécution de certains travaux. Elle est sollicitée également en cas de besoin en support financier. - L’approche horizontale, pratiquée en partie par une minorité d’associations, se place dans le cadre d’une option délibérée ayant pour objectif principal la participation effective et élargie des groupes défavorisés et démunis à la définition de leur destin, à la prise de décision, à la planification et à la programmation de leurs actions. Il ne s’agit pas d’une participation à la réalisation de projets ou à la prise en charge d’un certain pourcentage des coûts mais plutôt d’une approche globale qui conduit à la prise de décision et à l’élaboration de solutions par la population très loin des schémas stérèotypiques et abstraits établis par les experts et les membres de bureau à huit clôt. L’objectif principal de la démarche est que chaque partie joue un rôle discuté et négocié par tous. Les différents acteurs sont considérés de la même façon et d’une manière horizontale. Si les limites de l’approche descendante sont claires et peuvent être arrêtées en l’exclusion du groupe cible de l’ensemble du processus notamment la prise de décision, les deux autres approches sont confrontées essentiellement à des problèmes d’application et d’adaptation au milieu. Le déroulement des diagnostics est confronté à des problèmes divers notamment la faible participation des jeunes et l’impossibilité de réunir les deux sexes ensemble. Souvent l’équipe de modération se trouve dans l’obligation d’organiser deux diagnostics séparés, un auprès des femmes, l’autre auprès des hommes et procédé par la suite à la discussion des résultats des premières auprès des seconds et l’inverse. Toutefois, le taux de participation varie, alors qu’il est très élevé auprès des femmes, il est moyen auprès des hommes. Signalons en fin que l’ensemble des acteurs de développement opérant dans la région adopte une approche partielle ( par village, par catégorie socio démographique ou par secteur d’activité..). Les actions sont réalisées soit à des échelles très réduites (village) soit en mettant l’accent sur un ou deux secteurs sans interaction avec les autres secteurs ce qui ne permet pas de garantir une mobilisation générale, seule en mesure d’assurer un développement global. Aussi, la concentration des actions sur des groupes bien déterminés et l’exclusion d’autres risquent de porter atteinte à la cohésion sociale . A titre d’exemple, les opérations d’alphabétisation lancées auprès des hommes et la non maîtrise de leurs effets pervers risquent de peser lourdement sur la cohésion de la communauté. IV. Des partenaires locaux, nationaux et internationaux :Les ONGs de la vallée de Dra ont développé des relations de partenariat à plusieurs niveaux. Ainsi, au niveau local, des accords de partenariat ont été conclus avec les services provinciaux notamment la délégation de l’éducation nationale, la délégation de tourisme et l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Ouarzazate(ORMVAO). Des relations particulières sont développées entre administrations et des catégories bien précises d’associations : à titre d’exemple les relations de la délégation de l’enseignement avec les Associations des Parents d’Elèves(APE) et aussi celles de l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Ouarzazate avec les AUEA. Les associations locales ont tissé également des relations de collaboration avec des associations régionales, notamment Tichka (eau et hygiène) et Horizon (soutien aux handicapés). Au niveau national, les associations locales sont plus au moins impliquées dans l’exécution de plusieurs programmes notamment celui de l’éducation non formelle initié par le Ministère de l’Education Nationale, celui de l’alphabétisation lancé par le Ministère du Développement Social, et le Programme d’Approvisionnement Groupé en Eau potable des Populations Rurales (PAGER) supervisé par les Ministères de l’Equipement et de l’Intérieur. Aussi d’autres associations à caractère national interviennent de manières directe et indirecte à travers l’appui financier et technique aux associations locales telles que l’Heure Joyeuse, l’Association Marocaine de Solidarité et de Développement et l’Association Nationale des Ovins et des Caprins ( développement de l’élevage ovin Dman). Au niveau international, un certain nombre d’associations relativement limité développe des relations de collaboration avec des organismes et des associations étrangères et ou avec les services de coopération rattachés aux ambassades représentés à Rabat. Ainsi plusieurs projets sont mis en exécution notamment le Projet lutte contre la désertification dans la vallée de Dra financé par la République Fédérale d’Allemagne et le Programme de Développement Rural soutenu par l’UNICEF et exécuté par Near Eeast Foundation (NEF). A ces deux programmes s’ajoutent les projets d’amélioration des conditions de scolarisation soutenus par la Deutsche Gesellschaft für technische Zusammenarbeit mbH (GTZ), et les services de coopérations rattachés aux représentations de la Belgique et des Pays Bas à Rabat, des actions d’assistance aux sous et muets développées par Hellen Keller International (HKI) et un projet de conservation de la biodiversité cofinancé par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM). V-Des réalisations de plus en plus importantes :Il est très difficile de recenser les activités réalisées par les ONGs de la vallée du Dra au cours des trois dernières décennies. Toutefois, on peut les articuler autour des axes principaux suivants , la gestion des ressources naturelles, le renforcement de la participation de la femme au développement, l’amélioration des conditions de scolarisation, la lutte contre l’analphabétisme , l’approvisionnement des villages en eau potable, la protection du patrimoine culturel et le développement culturel et artistique . - La dégradation des ressources naturelles constitue actuellement à l’ échelle du bassin du Dra moyen un sérieux fléau détruisant les bases d’ existence de la population locale. Conscientes de l’ acuité de ce problème, les ONGs locales ont mis en place un programme allant de la sensibilisation/conscientisation de la population à la mise en place d’ actions de protection des ressources naturelles. Les actions réalisées dans ce cadre portent essentiellement sur le développement de l’utilisation des eaux de ruissellement (24 bassins de retenue), l’augmentation des disponibilités en eau des secteurs irrigués (15 barrages de déviation des eaux), le déblayage des berges des seguias(7000 ml), la mise en place de systèmes de drainage des eaux ( 2 km) et la fixation des dunes (20 ha). Par ailleurs, la gestion des terroirs occupe de plus en plus une position de choix dans les programmes d’actions des ONGs locales afin de planifier l’ utilisation des terres d’ une manière permettant de sauvegarder et les intérêts collectifs et individuels, et les intérêts de la génération actuelle et de la génération future. Ainsi plusieurs travaux préliminaires essentiellement au niveau du bassin d’ El Oued El Myit ont été lancés . Ils ont porté sur l’organisation des ateliers et réunions de concertation, l’ étude de la flore et de la faune, l’ étude des unités de paysage, l’ analyse des régimes fonciers, l’ identification des Types d’Utilisation des Terres et l’ évaluation des potentialités des terres. - Une attention très particulière a été réservée par les ONGs de la vallée de Dra au renforcement de la participation de la femme au développement : des cours de droit civique, d’alphabétisation, d’ éducation non formelle, de comptabilité, en plus des séances de planification familiale sont dispensées actuellement dans les centres d ‘ éducation non formelle et d’alphabétisation au profit de plus de 5000 femmes. Ces cours permettent aux femmes d’améliorer leurs connaissances générales et par conséquent de renforcer leur position au sein de leur entourage et de s’imposer au niveau des structures représentatives. Dans la même perspective, les ONGs locales assistent les femmes à se constituer en groupements coopératifs et associatifs et à monter des petits projets de tapisserie, d'élevage et d'apiculture etc.. en vue d’améliorer leurs revenus . - En matière de scolarisation, en vue de remédier à la faiblesse du taux de scolarisation enregistré au niveau de la province de Zagora (51%), dû essentiellement à des facteurs divers notamment le faible taux de la couverture scolaire et la modestie des conditions de scolarisation, les ONGs ont pris dans certains endroits l' initiative. Elles élaborent leurs propres projets, prennent en charge la quasi-totalité totalité des frais et font appel aux solidarités locales, nationales ou internationales en cas de besoin. Cette intervention des ONGs au cours des trois dernières années a permis la construction et l’équipement en mobilier de 08 écoles , l’ouverture de 18 centres d’éducation non formelle, l’équipement de 29 écoles en installations photovoltaïques, la dotation de 29 écoles en matériel didactique, et l’aménagement des espaces verts au niveau de 15 écoles primaires. - Vu, l’acuité du problème de l’analphabétisme, les ONGs ont mis d’une manière progressive depuis 1997 un programme de lutte contre l’analphabétisme dont l’objectif est de remédier à cette situation par l’alphabétisation des femmes et par leur formation dans les domaines qui vont agir directement sur l’amélioration de la qualité de leur vie tels que l’ initiation aux petits métiers générateurs de revenus, la planification familiale, la prévention des Maladies Sexessuellement Transmissible et du trachome, et le droit des filles à la scolarisation. La population cible en 2000 s’élève à plus de 5000 femmes et jeunes filles réparties sur plus de soixantaine de villages. L’âge des bénéficiaires varie entre 16 et 45 ans avec une forte représentation de la tranche 18-25 qui représente à elle seule 44 % du total. 75 % des bénéficiaires, composés essentiellement de chômeurs, de femmes aux foyers ou d’ aides agricoles, sont du milieu rural. - En matière d’approvisionnement des villages en eau potables les associations locales ont participé activement à l’alimentation d’une cinquantaine de villages soit d’une manière quasiment autonome soit dans des cadres de partenariat avec d’autres partenaires notamment les communes, les associations intermédiaires ou dans le cadre du PAGER. - En l’absence d’infrastructures et de moyens nécessaires, les associations locales notamment celles spécialisées dans le domaine culturel ont pris en charge l’animation de l’activité culturelle. Ainsi elles ont produit des centaines d’activités sous forme d’exposés, de conférences et d’expositions artistiques ayant traité sous des angles différents la plupart des thèmes d’actualité. - Les associations locales accordent de plus en plus une attention très particulière aux actions de préservation de patrimoine. Ainsi, en collaboration avec le Ministère des Affaires Culturelles, les associations locales ont réalisé du 11 au 16 mai 1999 un premier travail de terrain, à Jorf el Khil et Foum Chena, ayant pour but de vérifier l’ état de conservation des gravures rupestres ; d’établir un inventaire exhaustif des gravures de ces deux sites, et de sensibiliser la population locale quant à l’ intérêt du patrimoine rupestre et de la nécessité de le protéger. De même des contacts avec des partenaires nationaux et internationaux sont en cours en vue de lancer un programme de restauration des qsour et kesbahs de la région. VI. Les contraintes externes à l’action associative:Le mouvement associatif est confronté aujourd’hui à un ensemble de contraintes externes notamment, l’insuffisance du cadre démocratique, les tentatives de récupération, les exigences de la coopération internationale, l’hémogénie des associations intermédiaires, les effets contraignants des programmes caritatifs et le manque de collaboration des administrations et des industriels. L’insuffisance du cadre démocratique :Le développement de l’action associative est limité par l’insuffisance du cadre démocratique qui demeure toujours embryonnaire, et par les freins juridiques, institutionnels et relationnels. Les actions associatives sont aussi souvent contrecarrées par des comportements hostiles et des gestes d’intimidation des représentants des Autorités Locales soit d’une manière directe soit d’une manière indirect Les tentatives de récupération du mouvement associatif :Face à l’extension rapide du mouvement associatif et sa vivacité en comparaison avec les anciennes formes d’organisation de la population on assiste actuellement à des formes de récupération du mouvement par les partis politiques mais aussi par les intellectuels et les élites locales. En l’absence d’une stratégie solide, l’équilibre relationnel des ONGs et leur autonomie se trouvent ainsi fortement menacer. Outre les tentatives de récupération, les Administrations Centrales tentent de manières plus au moins différentes de réduire le rôle des ONG à des simples prestataires de services et à des organes d’exécution assurant le rôle d’interface entre les programmes étatique et les populations. Les administrations imposent des règles déterminées parfois non négociables (Ministère de l’Education Nationale) et peuvent faire dans d’autres cas l’objet de concertations plus ou moins larges (Ministère du Développement Social, Ministère des Affaires Culturelles). Ces tentatives sont intensifiées actuellement et des nouveaux appels sont lancés par les Administrations Centrales en vue d’un partenariat préétabli dont les grandes lignes sont déjà arrêtées (Direction Générale de l’Hydraulique, ..). La complexité des procédures et des exigences de la Coopération Internationale :Les différents intervenants dans la région dans le cadre de la Coopération Internationale adoptent des politiques plus au moins différentes en fonction de leurs propres intérêts, de la réaction du pays d’intervention et des intérêts économique et géostratégique de leur pays d’origine. Ces politiques sont affectées d’une manière permanente par des changements axés de plus en plus sur les aspects sécuritaires. En effet les préoccupations sécuritaires prévalent désormais sur la solidarité internationale et sur d’autres valeurs d’ordre moral. On se trouve dans une situation plus au moins opposée à celle décrite par la documentation de la Fondation KONRAD ADENAUER ou la coopération au développement “ apporte une contribution essentielle aux efforts pour maîtriser les taches globales : lutte contre la pauvreté et la famine, limitation de la dégradation de l’environnement, diffusion des idées de droits de l’Homme, de participation et de démocratie” (F.Nuscheler 2000). Les budgets alloués à la coopération sont de plus en plus compressés et la contribution des pays développés est de plus en plus réduite et ponctuelle. Les efforts d’autopromotion développés par les populations locales se trouvent ainsi asphyxiés . Certes la Coopération Internationale a permis de réaliser des projets importants notamment en matière d’approvisionnement en eau potable, de santé et de gestion des ressources naturelles mais elle aurait dû réaliser encore plus s’elle n’était pas domicilié par des institutions étatiques (Ministère de l’Intérieur, Ministère de la santé..) Aussi la Coopération Internationale adopte une démarche verticale très sélective eu égard des associations candidates, les critères de sélections adoptés reposent essentiellement sur l’expérience et la présentation d’une attestation de non objection délivrée par les Autorités Nationales ou dans le cas de la commission européenne le parrainage de l’association locale par une ONG européenne ou la transmission de la demande de financement via l’administration concernée. De ce fait la quasi totalité des ONGs locales sont exclues d’avance. Les autres doivent appliquer une procédure lente et compliquée et dans les résultats ne sont pas souvent concluants. Par ailleurs, le rôle délégué
aux associations admises se limite à l’exécution
du projet et à l’intermédiation financière,
bien que certaines associations on |
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